Résolution laïque Avignon 2000




 1.  La laïcité institutionnelle, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 demeurent un enjeu politique de première importance dans notre pays. L’Europe vaticane exige que ces obstacles soient renversés. Les accords Lang-Cloupet négociés par Jack Lang lors de son premier passage au Ministère de l'Education nationale, sont une indication.
 L’offensive  multiforme contre la laïcité est portée par les efforts conjugués des gouvernement successifs et de la hiérarchie catholique.
 L’offensive utilise l’arsenal des lois anti-laïques - comme la loi Debré -, des accords Lang-Cloupet ; elle tire de l’oubli des lois du régime de Pétain non abrogées à la Libération comme la loi du 25 décembre 1942.
 Elle se protège grâce aux jurisprudences constituées peu à peu pour affaiblir et paralyser l’effet de la loi de 1905. L’enseignement public, mais aussi l’unité de la République, sont menacés directement.
 On va donc voir, pour se limiter à cet exemple, la Ville de Lyon, le Conseil Général du Rhône, le Conseil Régional Rhônes-Alpes voter 90 millions de francs de subventions indues à la « Faculté catholique » de Lyon et lui attribuer deux sites appartenant au domaine public. Dans le même temps, le président de l’université Lyon II annonce que, faute de 84 millions de francs pour assurer la sécurité des étudiants, il se trouve dans la nécessité de refuser 1000 inscriptions et déplore que pas un centime ne lui a été versé pour reconstituer les 350 000 volumes de la bibliothèque universitaire détruite par un incendie.

 On va voir également la hiérarchie catholique soutenir l’attribution de subventions à la création d’un centre culturel et cultuel à l'initiative du Fonds Social Juif Unifié à Lyon et à la construction de deux mosquées à Strasbourg.
 Il s’agit de pousser au développement des communautarismes, à l’éclatement de l’unité républicaine garantie par la loi de 1905.

 2. La loi de 1905, socle de la République véritablement républicaine, a été l’objet d’attaques multiples très graves depuis son adoption. Pour nous en tenir au régime de la Vème République on constate que depuis le vote des lois Debré-Pompidou qui constituent une agression majeure contre l’école publique, visant à l’inférioriser sur le long terme par rapport à l’école confessionnelle, les assauts n’ont pas connus de cesse. Il ne se passe pas de mois sans  qu’un décret, une circulaire, une note ne vienne porter un coup supplémentaire à la loi fondamentale, dans le droit fil des lois vichystes comme celle du 25 décembre 1942 précitée qui dénature l’article 19 de la loi de 1905 en autorisant des subventions pour tous les édifices du culte. Au fur et à mesure que recule la législation laïque et républicaine, les exigences cléricales augmentent en proportion :
 par exemple en Vendée sous l'égide du Diocèse, un comité constitué des représentants des OGEC et des APPEL de quatre écoles maternelles privées confessionnelles revendique des subventions de fonctionnement que les mairies ont jusqu'alors refusées.


 C'est pourquoi la Libre Pensée mobilise sur ses mots d’ordres :
 - Fonds publics exclusivement à l'école publique
 - Abrogation de toutes les lois anti-laïques
 - Abrogation du statut clérical d'exception d’Alsace-Moselle
 - Non aux CAPES d'enseignement religieux : remise des 43 postes créés à cette fin à la disposition des disciplines d’enseignement dignes de ce nom
 - Abrogation de la loi vichyste du 25 décembre 1942.
 - Interdiction du port d'un insigne religieux  quel qu’il soit dans l’exercice d’une fonction publique, interdiction de tout insigne religieux dans les locaux scolaires de la part de tous ceux qui les fréquentent.

 La remise en cause de la laïcité prend des formes diverses et variées de plus en plus fréquentes et comme banalisées.

 La loi de 1905 a prévu dans les hôpitaux le maintien d’une chapelle et d’un aumônier pour respecter l’exercice de la liberté de conscience des malades catholiques qui ne peuvent suivre  leur office religieux à l’extérieur, mais elle n’a, par contre, pas prévu que des équipes de catéchètes appartenant à cette confession démarchent les malades grabataires sous prétexte de leur prodiguer des soins palliatifs et elle n’a pas évidemment non plus, et pour cause, prévu que la sécurité sociale indemnise les dits catéchètes pour une assistance de caractère purement religieux pourtant assimilée à une thérapie !

 C’est ainsi que certains maires n’hésitent pas à accrocher des crucifix dans les locaux de leur mairie. Nos camarades de Vendée  ont été amenés à ce sujet a entreprendre des démarches répétées pour faire respecter la simple légalité en matière de neutralité des lieux publics.

 C’est ainsi, sur un autre plan, que les autorités politiques, qu’il s’agisse d’élus ou de hauts fonctionnaires, n’hésitent pas à assister à des cérémonies religieuses lors de commémorations officielles ou à inviter des dignitaires de différentes religions à participer à telle ou telle manifestation publique. Les actes de cette nature ne se comptent plus: les libres penseurs peuvent produire quantité de faits depuis la bénédiction de tombes dans un cimetière jusqu’à la tenue de chapelles ardentes pour toutes les victimes indistinctement lors d’accidents meurtriers. Le prêtre s’arroge le droit dans tous ces cas d’imposer, avec l’assentiment des pouvoirs publics, voire à leur instigation, la présence et la prégnance de sa religion, profitant de la détresse et du désarroi des parents et proches frappés par le deuil..

 3.  Dans le domaine de l’enseignement, qu’il s’agisse du contenu des manuels scolaires, des programmes, des modifications du temps scolaire, des décisions concernant la carte scolaire, nous assistons à une véritable offensive idéologique pour introduire la dimension  religieuse dans le fonctionnement de l’école publique.

 Nous constatons qu'en application des décisions prises par le Vatican et subsidiairement imposées à l'Europe, par le symposium de Louvain de 1972, sur "La religion dans les manuels scolaires d'histoire en Europe", les livres d'enseignement de l'histoire, en usage dans les écoles publiques, présentent le mythe de l'existence de Jésus comme vérité historique, que la Bible est mise au centre du programme de français et qu'également, par le biais des nouveaux programmes, le catéchisme est introduit officiellement à l'école dès la sixième.

 En divers endroits, sous la houlette de l’inspecteur ou du maire, des commissions « partenariat » auxquelles sont associés des représentants des religions, des écoles privées, des aumôneries sont mises en place pour traiter de l’aménagement du temps scolaire. Il s'agit d'installer des Comités Locaux d’Education et de dresser les cartes de territoires, de communautés, chargés de gérer localement les moyens affectés à l'école publique au nom du "service public d'éducation" et ceci malgré l’opposition des enseignants, des parents d'élèves et quelques fois des élus.

 Chaque fois les instigateurs de ces commissions veulent l’unanimité de façon à faire exercer la pression totalitaire de la communauté sur les éventuels opposants qui apparaissent ainsi comme des hérétiques.

 Cette année au moment même où le Conseil d’Etat vient de rendre un avis reconnaissant que le port d’un signe religieux par tout fonctionnaire  dans son activité est un manquement à ses obligations, on apprend qu’une religieuse en tenue a siégé au sein d’un jury de baccalauréat.

 Le congrès prend acte de la décision du Conseil d’Etat précité sans pouvoir s’en satisfaire, puisque les suites à donner au manquement reconnu sont soumises à l’appréciation du caractère ostentatoire du signe religieux.

 La transformation des lycées professionnels en centre de ressources au profit des entreprises (élèves, personnels, moyens techniques) marquerait la fin de l'enseignement professionnel public, livrant totalement les jeunes au patronat.

 On assiste également à l’ouverture de plus en plus fréquente de classes préparatoires dans l’enseignement privé alors que ces classes sont refusées à l’enseignement public.
 Dans le cursus des études médicales, il est de plus en plus fréquent de constater que lors de séminaires publiques des interventions, sous prétexte d’éthique, sont confiées à des religieux, notamment catholiques.

 Le congrès condamne la création des deux CAPES d’enseignement religieux.
 S’appuyant sur le statut scolaire local, le gouvernement a créé deux concours permettant la titularisation des enseignants de religion en Alsace-Moselle. Présentée comme une mesure exceptionnelle, la création de ces deux concours est le troisième plan de titularisation depuis 1983 (1983, 1989 et 1999).
 En fait, le gouvernement décide de placer sur le même plan croyance et connaissance, religion et matière classique.
 En confondant les croyances, par essence personnelles et libres, et les connaissances qui sont communes et indispensables à tous, le gouvernement porte une nouvelle fois atteinte au rôle essentiel de l’école publique qui est précisément d’instruire et non de faire croire.
 Le congrès reprend à son compte la motion adoptée par le meeting laïque de Metz et appelle les fédérations à la faire connaître auprès des parlementaires et de toutes les organisations démocratiques.
 Le congrès appelle a organiser des réunions publiques sur cette question.

B) Nos actions à venir

Le Libre Pensée cherche en permanence à utiliser les possibilités offertes par la loi républicaine contre les décisions des gouvernements successifs. Elle multiple les recours en Tribunal Administratif comme ce fut le cas dans l’affaire BISSUEL à Lyon où  l’action de nos camarades a permis de bloquer jusqu'alors les décisions de financement. A Abbeville, le recours a abouti a l'annulation du subventionnement des JMJC par le Conseil Municipal.
Cependant l’Eglise ne manque pas d’avocats et de juristes si bien  que les recours juridiques pour nécessaires qu’ils soient, ne sauraient régler les problèmes sur le fond. Cela souligne la nécessité que soit créé un rapport de force favorable aux partisans du progrès pour s’opposer victorieusement aux partisans de la réaction.

Invariablement, ces dernières années, le congrès demandait une entrevue au ministère de l’éducation nationale. Cette année, cette demande d’audience semble devoir aboutir.
Dans cette perspective, le congrès appelle les groupements affiliés à faire remonter tous les éléments concrets de la remise en cause de la laïcité afin de constituer un LIVRE NOIR que la délégation portera à M. Lang en exigeant le respect de la laïcité institutionnelle.

Pour des Assises de Défense de l’Instruction Publique

Ainsi se prépareront les Assises de Défense de l’Instruction Publique dont la LP a décidé de prendre l’initiative.
Le congrès d’Avignon doit marquer le début d’une vaste mobilisation qui à partir des dossiers déposés chez le ministre doit contribuer à construire un  véritable front de résistance à la destruction de l’instruction (Cf brevet 2000). Tel sera le sens des Assises Nationales de Défense de l’Instruction Publique qui couronneront en décembre les Assises départementales tenues sur le même objectif en associant le maximum de forces démocratiques partageant nos exigences.
---------------------------------------

2001 : 200 ans de Concordat ça suffit !

Au moment où se trouve posée la défense de la laïcité institutionnelle, contre l’élargissement du concordat de 1801 au reste de la République, le congrès décide de prendre une initiative nationale à Strasbourg (dans le deuxième semestre de l’année 2001), pour l’abrogation du Concordat de 1801, contre tous les concordats, pour un XXIème siècle humaniste et laïque.

Résolution adoptée à l'unanimité par le congrès

http://librepenseefrance.ouvaton.org/congres/res-la0.html







Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site